Jean Marc Planchon | Artiste Peintre - Plasticien













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Oeuvres récentes : commentaires de l'artiste

" L'acte de peindre, pour moi, est primordiale, matérialiste, charnel. Même si tout art est politique, la technique mise en œuvre est déterminante. Cette technique elle-même devient politique. Elle est issue d'une attitude, d'une posture face au monde. Mon ambition est d'être authentique dans mon travail. J'ai un rapport très pragmatique et même physique avec la toile. je ne propose que des objets, pas des visions. En peinture comme en sculpture, mon approche plastique est liée au rapport que j'ai avec les supports et les matériaux utilisés ainsi qu'avec les interactions physiques et chimiques mis en œuvre.

Comme bien d'autres artistes avant moi, je considère la toile comme un objet qui est recouvert de différentes matières et pigments et non comme un écran où se projetterait un imaginaire ou une tentative de représentation d'une réalité plus ou moins réinterprétée.
Je travaille avec de multiples couches de peintures transparentes en allant du plus claire - le blanc - au plus foncé - le noir -. J'utilise des solvants qui, en agressant les couches non sèches, laissent apparaître les couches inférieures.
Les bandes de papier collées directement sur la toile ne sont pas là pour simuler une quelconque perspective. Leur rôle est structurant, ce sont des lignes de force, de tension, comme un réseau tellurique. Elles donnent de la nervosité à une composition volontairement primaire.
Le motif qui vient en dernier, donc en couche supérieur, est très épais, dense, en relief -"L'arche", "L'homme sans"…-.
La profondeur ainsi matérialisée est donc une réalité tangible et non effet. Les notions d'espace, de profondeur et de transparence ne sont pas simulées, elles sont réelles.

Qu'il soit identifiable - " Fossile "- ou non - " Éruption " - , la forme, le sujet du premier plan a un rôle narratif, il s'apparente à un idéogramme mais il n'est jamais question d'un désir figuratif ce qui donne une grande liberté dans sa réalisation. La ressemblance n'est pas en cause, seule le sens importe.

Le noir est utilisé pour sa force, son impact et sa capacité de contraste. Il n'a pas valeur de couleur sombre mais, au contraire, est utilisé pour sa capacité à capter et renvoyer la lumière.
Mon travail de sculpteur/plasticien relève de la même démarche. Il s'agit avant tout de mettre en rapport des matériaux pour interroger leur essence primordiale. Je ne cherche pas à détourner la matière mais au contraire à interroger ses propriétés intrinsèques : dur/mou/friable/souple…

Par exemple, dans " Stèle I ", je retourne l'aubier qui est la partie vivante et tendre du bois à l'intérieur de la pièce pour la protéger et ainsi mettre en évidence sa fragilité et je soutiens que c'est bien là un acte politique.

Les titres ne sont que des pistes que j'offre à la réflexion mais rien n'est figé, il m'arrive souvent de rebaptiser mes œuvres. Néanmoins, sur certaines toiles, il peut avoir son importance comme pour "Le cri muet". Toile dans laquelle j'essaye d'exprimer ce que pourrait être le cri d'une foule de personnes muettes. Car, en tant qu'artiste plasticien, je me trouve dans la même situation : devoir m'exprimer sans mots. "